Un plat en faïence de Gien retrouvé au fond d’un vaisselier n’a rien d’un objet du quotidien : c’est une pièce à accrocher. La manufacture, installée dans le Loiret depuis 1821, a construit sa réputation sur des décors peints à la main, bleus profonds ou motifs floraux, qui tiennent très bien la comparaison avec un tableau une fois posés au mur. La faïence de Quimper, plus régionale et plus colorée avec ses petits personnages bretons, joue un tout autre registre et se marie mal avec Gien si l’on ne prend pas garde à séparer les zones.
La règle qui évite le capharnaüm : un mur de vaisselle réussi tient sur une palette resserrée, deux ou trois couleurs dominantes maximum, même si les pièces viennent d’origines différentes. On peut mélanger Gien et Quimper à condition de les regrouper par zones plutôt que de les alterner pièce à pièce, l’œil a besoin de repères pour lire l’ensemble comme une composition et non comme un inventaire.
Trouver les pièces en brocante
La brocante reste le terrain de chasse le plus intéressant pour ce genre de projet : les assiettes dépareillées, souvent ébréchées sur le bord et donc invendables comme service complet, se négocient pour presque rien alors qu’accrochées au mur, le défaut disparaît de la vue. Mieux vaut privilégier les diamètres variés, une grande assiette plate au centre, des petites assiettes creuses ou des soucoupes autour, pour donner du relief à l’ensemble plutôt qu’un alignement uniforme.
Choisir la bonne accroche
Les crochets à assiettes à ressort, qui pincent le bord de la pièce sans la percer, restent la solution la plus sûre pour de la faïence ancienne : contrairement aux systèmes à colle, ils permettent de décrocher et de réorganiser la composition sans laisser de trace. Pour les assiettes plus lourdes ou les plats ovales, un modèle à deux points d’accroche évite le bascule qui finit toujours par arriver avec un crochet unique, surtout sur un mur soumis à des vibrations de passage.
Composer en grappe plutôt qu’en ligne
La composition en grappe, où les assiettes s’organisent autour d’un point central sans alignement strict, donne un rendu bien plus vivant qu’une rangée horizontale au cordeau. Le plus simple est de découper des gabarits en papier journal à la taille exacte de chaque assiette, de les scotcher au mur et de déplacer l’ensemble jusqu’à trouver l’équilibre, avant de planter le premier clou. Cette méthode, empruntée aux galeristes pour accrocher des cadres, évite les trous inutiles et les regrets une fois la vaisselle en place.
Une fois l’accrochage terminé, le même geste de mise en scène peut se prolonger ailleurs dans la maison : nos repères pour poser une crédence adhésive sur du carrelage suivent la même logique de composition avant de fixer quoi que ce soit définitivement. Et pour repenser le mur qui accueille cette composition avant d’y planter le premier clou, notre comparatif sur les enduits tadelakt, béton ciré et chaux donne de bons repères de budget et d’entretien.







